le jour de l'an
nous faisons tous partie
de ce monde corrompu fleuri

- Kobayashi Issa



matin du premier jour --
dans le poële
quelques braises de l'an passé

- Hino Sôjô



au marché de fin d'année
"qu'est-ce que tu fais ici ?"
me demande quelqu'un

- Kobayashi Issa
(Lors de l'hiver 1804, Issa avait loué une petite maison dans un quartier pauvre d'Edo, loin de son village natal.)



juste une fois encore
ouvre tes yeux
potage du nouvel an

- Kobayashi Issa
(En 1822, Issa perd son jeune fils âgé de deux ans, Ishitaro. Comme on prépare le potage du nouvel an avec un gâteau de riz mélangé à des légumes, on pose un bol tout chaud devant la tablette mortuaire de l'enfant.)


premier rêve de l'année
je t'ai gardé secret
seul, j'ai souri

- Shôu
(Le premier rêve de l'année revêt une importance particulière. Il convient de le garder secret car il est porteur d'un présage.) 


les pilonneurs de riz
sont déjà chez le voisin
dit l'enfant

- Kobayashi Issa

(Au Nouvel An, on pile le riz qui servira à la confection des gâteaux de la fête.)




3 comments:

joseph said...

Il est vrai qu'un passage à l'an neuf est moment de réminiscence car quoiqu'on fasse l'instant présent est volatil puisque à peine vécu il fait déjà partie de notre passé !

Esta Noche said...

Le haïku, comme le cliché photographique, tente de capturer cet instant.

Guillome said...

merci pour ces instants suspendus. j'adore !