M. A.

somewhere i have never travelled,gladly beyond
any experience,your eyes have their silence:
in your most frail gesture are things which enclose me,
or which i cannot touch because they are too near

your slightest look easily will unclose me
though i have closed myself as fingers,
you open always petal by petal myself as Spring opens
(touching skilfully,mysteriously)her first rose

or if your wish be to close me,i and
my life will shut very beautifully,suddenly,
as when the heart of this flower imagines
the snow carefully everywhere descending;

nothing which we are to perceive in this world equals
the power of your intense fragility:whose texture
compels me with the colour of its countries,
rendering death and forever with each breathing

(i do not know what it is about you that closes
and opens;only something in me understands
the voice of your eyes is deeper than all roses)
nobody,not even the rain,has such small hands

somewhere i have never travelled,gladly beyond
E. E. Cummings, 1894 - 1962

8 comments:

JiEL said...

Simply beautiful.....

Esta Noche said...

Ce poème fait partie de mes poèmes préférés et ce eux que j'emmènerais avec moi sur Mars si on me proposait d'embarquer pour une expédition martienne.

Il m'a toujours bouleversé -- et n'a jamais été plus d'actualité dans mon existence.

joseph said...

Je ne saisis pas encore assez la beauté du poême - mon anglais littéraire atteignant la cinquantaine cette année- mais j'ai rêvé de la chanson de Guy Béart ," qu'on est bien dans les bras d'une personne du sexe qu'on n'a pas ", sexe prenant ici son sens le plus anatomique qui soit!

Esta Noche said...

Je ne vous suivrai pas sur ce terrain. Pour moi, les seuls bras dans lesquelles on est bien sont ceux d'une personne d'une même sexe. :)

chrisbard said...

Esta Noche, je suppose que tu n'a pas saisit tout le sens de la phrase de Joseph, sans vouloir te vexer bien sûr. Il n'est pas le seul et je ne suis pas le seul à avoir interprété ainsi cette phrase, "qu'on est est bien dans les bras d'une personne du sexe qu'on a pas". Car, quand on est dans les bras de son amant on est bien dans les bras d'une personne du sexe qu'on a pas, le sexe de son amant, il est à lui, pas à nous, pas à moi, donc, c'est bien un sexe qu'on a pas.
Et comme il dit Joseph, sexe prenant ici son sens le plus anatomique qui soit !
Aller, un peu de fun , Rabelais à la sauce gay.
Celui qui voyant son mari, tout armé,
Sauf la braguette, aller à l'escarmouche,
Lui dit, ami, cacher cela, de peur que l'on vous touche,
Quoi ? Tel conseil doit-il être blâmé ?
Je dis que non, car sa peur la plus grande,
Etait de perdre en le voyant animé,
Le bel objet dont il était si friand.

joseph said...

Oooh moi je parlais de l'appendice portant ce nom et qui vaut toutes les découvertes....

Esta Noche said...

Je n'avais pas bu en écrivant mon commentaire précédent. La fatigue, sans doute... Je devine votre pensée, Joseph. Merci de cette utile précision.

Esta Noche said...

Tout à fait, Chrisbard. The penny dropped, comme ont dit. Je viens de comprendre à la relecture de mon échange avec Joseph. En relisant mon propre commentaire bourré de fautes, je me dis que mes batteries devaient être à plat quand je l'ai commis -- et donc incapable d'appréhender la subtilité du propos de Joseph.