Saturday, April 02, 2016



2 comments:

Manu said...

Merci pour ce genre de photos que j'affectionne tout particulièrement du fait de son réalisme. De quoi m'inspirer une petit "photofantasme", jeu qui consiste à imaginer une histoire à partir d'une photo :

C'est dimanche et il n'a rien fait de la journée. Pas même pris une douche. Tout juste a-t-il bu un café. Il a dormi torse nu avec son caleçon bleu et il a enfilé le matin le sweat-shirt qui l'a accompagné toute la semaine. C'est son sweat préféré, celui que je lui ai offert. L'odeur de ses vêtements témoignent de sa semaine passée à l'université et de cette nuit où il s'est endormi en pensant à moi : l'odeur de son tabac à rouler, de son déodorant "air marin" mais aussi une forte odeur d'humidité du fait de la pluie qui est tombée tout la journée de jeudi. Tous ces parfums subliment son odeur corporelle que je reconnaîtrais entre mille. Sa simple évocation créé des chatouillis dans ma gorge et, parfois même, génère chez moi une érection que je n'arrive pas à contrôler.

Comme moi, il a dû attendre le week-end. Nous ne fréquentons pas la même université. C'est mieux ainsi. Cela me permets de l'aimer encore plus. Comme si cela était possible.

Cette fois-ci, il est devant moi. Enfin !

Je pose mes yeux sur sa main droite sur laquelle il s'appuie. Cette main blanche aux proportions parfaites dont le bout de mes doigts et le bout de mes lèvres se remémorent des moindres détails. Cette main qui m'apaise lorsqu'il la pose sur mon corps et à qui j'autorise tout. Je n'oublie pas non plus, évidemment, cette cuisse qui s'inscrit dans le prolongement de son de corps de jeune homme bien charpenté et joueur. Elle est aussi touchante que peut l'être tout le reste de son corps. C'est vous dire.

Il est un peu surpris ce jour-là de me voir arriver si tôt et surpris plus encore que je m'agenouille pour prendre une photo afin de fixer cet instant. D'où cette bouche légèrement ouverte dont il ne sort aucun son mais qui précède ce rire que je lui connais si bien et que j'adore tant.

Grâce à cette photo qui dissimule une partie de son visage, personne ne pourra le reconnaître formellement. Personne ne saura non plus, lorsque je regarderai la photo à quel point elle résume tout ce qui fait que je l'aime.

Dès que j'aurais remis mon téléphone dans ma poche, je pourrais poser mes lèvres sur les siennes, embrasser ses joues, plonger mon visage dans son cou et respirer toutes ces odeurs qui me consoleront de cette nouvelle semaine passée sans lui. Après de longues minutes d'étreintes, son sweat puis son caleçon auront voltigé avant d'atterrir au milieu de la pièce.
Mes vêtements, qu'il aura lui-même ôté avec frénésie, s'entremêleront avec les siens, comme nos deux corps nus sur le lit.

La suite de la journée sera si belle que je n'ai pas les mots pour la décrire.

another country said...

Un "commentaire" comme je les aime ! Merci de texte très inspiré, Manu.

J'aime beaucoup cet exercice et je m'y livre souvent. Alice traversant le miroir... Comme je le dis toujours, une (bonne) photo est d'abord une histoire, parfois un roman. Il ne faut jamais l'oublier quand on a l'oeil DERRIERE l'objectif. Photographier, c'est d'abord raconter une histoire.