Monday, April 11, 2016


Etat d'esprit, état d'âme
Fragment de poème, fragment de ma désespérance


Cuerpo presente

La piedra es una frente donde los sueños gimen
sin tener agua curva ni cipreses helados,
La piedra es una espalda para llevar al tiempo
con árboles de lágrimas y cintas y planetas.

Yo he visto lluvias grises hacia las olas
levantando sus tiernos brazos acribillados,
para no ser cazadas por la piedra tendida
que desata sus miembros sin empapar la sangre.

Porque la piedra coge simientes y nublados,
esqueletos de alondras y lobos de penumbra;
pero no da sonidos, ni cristales, ni fuego,
sino plazas y plazas y otras plazas sin muros.

Ya está sobre la piedra Ignacio el bien nacido.
Ya se acabó; ¿que pasa? Contemplad su figura:
la muerte le ha cubierto de pálidos azufres
y le ha puesto cabeza de oscuro minotauro.

Ya se acabó. La lluvia penetra por su boca.
El aire como loco deja su pecho hundido,
y el Amor, empapado con lágrimas de nieve,
se calienta en la cumbre de las ganaderías.

¿Qué dicen? Un silencio con hedores reposa.
Estamos con un cuerpo presente que se esfuma,
con una forma clara que tuvo ruiseñores
y la vemos llenarse de agujeros sin fondo.

¿Quién arruga el sudario? ¡No es verdad lo que dice!
Aquí no canta nadie, ni llora en el rincón,
ni pica las espuelas, ni espanta la serpiente:
aquí no quiero más que los ojos redondos
para ver ese cuerpo sin posible descanso.

Yo quiero ver aquí los hombres de voz dura.
Los que doman caballos y dominan los ríos:
los hombres que les suena el esqueleto y cantan
con una boca llena de sol y pedernales.

Aquí quiero yo verlos. Delante de la piedra.
Delante de este cuerpo con las riendas quebradas.
Yo quiero que me enseñen donde está la salida
para este capitán atado por la muerte.

Yo quiero que me enseñen un llanto como un río
que tenga dulces nieblas y profundas orillas,
para llevar el cuerpo de Ignacio y que se pierda
sin escuchar el doble resuello de los toros.

Que se pierda en la plaza redonda de la luna
que finge cuando niña doliente res inmóvil;
que se pierda en la noche sin canto de los peces
y en la maleza blanca del humo congelado.

No quiero que le tapen la cara con pañuelos
para que se acostumbre con la muerte que lleva.
Vete Ignacio: No sientas el caliente bramido.
Duerme, vuela, reposa: ¡También se muere el mar!


Alma ausente

No te conoce el toro ni la higuera,
ni caballos ni hormigas de tu casa.
No te conoce el niño ni la tarde
porque te has muerto para siempre.

No te conoce el lomo de la piedra,
ni el raso negro donde te destrozas.
No te conoce tu recuerdo mudo
porque te has muerto para siempre.

El otoño vendrá con caracolas,
uva de niebla y montes agrupados,
pero nadie querrá mirar tus ojos
porque te has muerto para siempre.

Porque te has muerto para siempre,
como todos los muertos de la Tierra,
como todos los muertos que se olvidan
en un montón de perros apagados.

No te conoce nadie. No. Pero yo te canto.
Yo canto para luego tu perfil y tu gracia.
La madurez insigne de tu conocimiento.
Tu apetencia de muerte y el gusto de su boca.
La tristeza que tuvo tu valiente alegría.

Tardará mucho tiempo en nacer, si es que nace,
un andaluz tan claro, tan rico de aventura.
Yo canto su elegancia con palabras que gimen
y recuerdo una brisa triste por los olivos.

- Federico García Lorca, Llanto por Ignacio Sánchez Mejías

6 comments:

JiEL said...

No comprendo..

Je ne parle ni ne lit l'espagnol..

another country said...

@ Jean- Luc : Deux extraits de "Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias", de Garcia Lorca :

La veillée du corps

La pierre est un front où gémissent les songes
sans eau courbe ni cyprès glacés.
La pierre est une échine pour porter le temps
avec arbres de larmes, rubans et planètes.

Moi, j'ai vu des pluies grises se jeter vers les vagues,
en levant leurs tendres bras criblés,
pour ne pas être capturées par la pierre offerte
qui disloque leurs membres sans absorber le sang.

Parce que la pierre prend semences et nuages,
squelettes d'alouettes et loups de pénombre,
mais ne donne aucun son, ni cristal, ni flamme,
seulement des arènes, encore des arènes,
des arènes sans murs.

Déjà, Ignacio le bien-né git sur la pierre.
Et tout est fini. Qu'y a-t-il ? Contemplez son apparence.
La mort l'a couvert de souffles blafards
et lui a façonné une tête de sombre minotaure.

Et tout est fini. La pluie emplit sa bouche.
L'air pris de folie s'échappe de sa poitrine creuse,
et l'Amour, imprégné de larmes de neige,
se chauffe, là-haut, au-dessus des troupeaux.

Que disent-ils ? Un silence fétide plane.
Nous veillons un corps qui s'estompe,
un corps aux formes claires de rossignols,
et nous le voyons se creuser de trous sans fond.

Qui froisse le suaire ? Ce qu'il dit est faux !
Ici personne ne chante, ni pleure dans un coin,
ne pique des éperons, n'effraie le serpent.
Je ne veux ici que des yeux grands ouverts
pour contempler ce corps sans possible repos.

Moi, je veux voir ici les hommes à la voix dure,
ceux qui domptent les chevaux et dominent les fleuves,
ces hommes au squelette sonore, qui chantent
la bouche pleine de soleil et de silex.

Moi, je veux les voir ici. Devant la pierre.
Devant ce corps aux rênes rompues.
Moi, je veux qu'ils me montrent l'issue
pour ce capitaine enchaîné par la mort.

Qu'ils m'apprennent un chant triste comme un fleuve,
avec de douces brumes et des rives profondes,
pour emporter le corps d'Ignacio, qu'il se perde
sans écouter le souffle puissant des taureaux.

Qu'il se perde dans l'arène ronde de la lune
qui imite, enfant dolente, la bête immobile ;
qu'il se perde dans la nuit muette des poissons
et dans le taillis blanc de la fumée gelée.

Qu'on ne lui couvre pas le visage de mouchoirs
afin qu'il s'habitue à la mort qu'il porte.
Pars, Ignacio: ne regrette pas le chaud mugissement.
Dors, vole, repose: la mer aussi se meurt !


Absence de l'âme

Ni le taureau ni le figuier ne te connaissent,
ni les chevaux ni les fourmis de ta maison.
Ni l'enfant ni le soir ne te connaît
parce que tu es mort pour toujours.

Ni l'arrête de la pierre ne te connaît,
ni le satin noir où tu te défais,
ni ton souvenir muet ne te connaît
parce que tu es mort pour toujours.

L'automne viendra avec ses conques,
raisins de nuages et cimes regroupées,
Mais nul ne voudra regarder dans tes yeux
parce que tu es mort pour toujours.

Parce que tu es mort pour toujours,
comme tous les morts de la Terre,
comme tous les morts qu'on oublie
dans un amas de chiens éteints.

Nul ne te connaît plus. Non. Pourtant, moi, je te chante.
Je chante pour des lendemains ton allure et ta grâce.
La maturité insigne de ton savoir.
Ton appétit de mort et le goût de sa bouche.
La tristesse que cachaient ta joie et ta bravoure.

Il tardera longtemps à naître, s'il naît un jour,
un Andalou si noble, si riche d'aventures.
Je chante son élégance sur un ton de plainte
et je me souviens d'une brise triste dans les oliviers.

Traduction originale du poème en français; Sylvie Corpas© et Nicolas Pewny©:
(traduction agréée par la Fondation et les héritiers de Garcia Lorca)

La totalité du texte (en espagnol, en français et en anglais) est consultable ici.

another country said...

NB : Les deux extraits reproduits ci-dessus sont ceux publiés en espagnol sur le blog.

JiEL said...

MERCI!

yves said...

merci pour cette traduction.
cependant, en ces temps particulièrement sombres, je ne goûte que modérément cette poésie. je lui reconnais un souffle et une beauté intenses. mais...
sans doute le reflet du moment des préoccupations de l'âme ?

another country said...

Je viens de relire la VF. Il y a quelques fautes, mais je ne corrige pas.