Thursday, May 05, 2016


Je dédie ce post à Léo. Il se reconnaîtra.




Dans les tavernes louches

Dans les tavernes louches et les lupanars
De Béryte, je me vautre. Pas question pour moi
De rester à Alexandrie. Tamidès m'a quitté
Pour le fils du sous-préfet, afin de disposer
D'une villa sur le Nil et d'un palais en ville.
Impossible pour moi de rester à Alexandrie.
Dans les tavernes louches et les lupanars
De Béryte, je me vautre. Dans la débauche crasse
Je mène une vie abjecte. La seule chose qui me sauve,
Comme un reste de beauté, comme un lointain parfum
Qui flotterait sur ma chair, c'est que pendant deux ans,
Tamidès a été pour moi seul l'ami le plus intime, et non
Pour obtenir pignon sur rue ou pour une villa sur le Nil.

- Constantin Cavafy, En attendant les barbares
Traduction de Dominique Grandmont



In the Tavernas

I wallow in the tavernas and brothels of Beirut.
I didn’t want to stay
in Alexandria. Tamides left me;
he went off with the Prefect’s son to earn himself
a villa on the Nile, a mansion in the city.
It wouldn’t have been right for me to stay in Alexandria.
I wallow in the tavernas and brothels of Beirut.
I live a vile life, devoted to cheap debauchery.
The one thing that saves me,
like durable beauty, like perfume
that goes on clinging to my flesh, is this: Tamides,
most exquisite of young men, was mine for two years,
and mine not for a house or a villa on the Nile.

- Constantine P. Cavafy, The Canon
Translated by Edmund Keeley and Philip Sherrard

1 comment:

joseph said...

aux cavernes et bouges, je préfère les bouches!