Monday, May 23, 2016




"Je me sentais calme, mais d'un calme proche de l'apathie et de l'inertie ; un mal indéfini provoque des inquiétudes parce qu'au fond on espère jusqu'au bout qu'il n'est pas réel ; un mal certain inspire pendant quelque temps une morne tranquillité. Je me sentais calme, mais je savais que ce n'était pas pour longtemps ; la première phase, celle du soupçon, était terminée - au moins le croyais-je - bientôt commencerait la phase de la douleur, de la révolte et du remords. Et je n'ignorais pas qu'entre ces deux phases s'étendait un calme mortel semblable à cette fausse et suffocante accalmie qui précède la dernière et pire explosion d'un orage."
- Alberto Moravia, Le mépris

6 comments:

another country said...

Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire.

another country said...

J'adore cette photo, ainsi que le regard tendre et satisfait (repu ?) de ce garçon. Comme j'aimerais être allongé à ses côtés et sentir contre ma peau le souffle de ses lèvres...

yves said...

la pire forme de mépris, c'est le silence. croyez-moi, infligez ça à quelqu'un et il ne reviendra pas de sitôt vous chercher noise. surtout en public.
sinon, ce jeune homme présente une image de "paisibilité".

another country said...

Repu, je pense....

Guillome said...

merci pour ce beau passage qui me donne envie de lire le roman (depuis le temps que je me dis qu'il faut que je le lise...)...et puis belle photo...

another country said...

@ Guillome : Lecture inoubliable.