Thursday, July 13, 2017




La tristesse, langueur du corps humain
M'attendrissent, me fléchissent, m'apitoient,
Ah ! surtout quand des sommeils noirs le foudroient.
Quand les draps zèbrent la peau, foulent la main !

Et que mièvre dans la fièvre du demain,
Tiède encor du bain de sueur qui décroît,
Comme un oiseau qui grelotte sous un toit !
Et les pieds, toujours douloureux du chemin,

Et le sein, marqué d'un double coup de poing,
Et la bouche, une blessure rouge encor,
Et la chair frémissante, frêle décor,

Et les yeux, les pauvres yeux si beaux où point
La douleur de voir encore du fini !...
Triste corps ! Combien faible et combien puni !

- Paul Verlaine, Sagesse (1880)



The sadness, the languor of the human body
Move me to pity, melt and weaken me—
Most of all when dark sleep strikes it down, 
When sheets stripe skin, press down on hands!

How frail it is in the fever of tomorrow; 
Still warm from evaporating sweat, 
Like a bird shivering on a roof! 
And then the feet, painful still from walking,

And the breast, double-marked by fists, 
The mouth, a still-red wound, 
And trembling flesh, a fragile arrangement,

And the eyes, poor eyes, so beautiful, pricked 
With the pain of seeing nothing but this world... 
Sad body, so sad, and punished so much!

- Paul Verlaine, Wisdom (1880)

1 comment:

joseph said...

Verlaine et verveine, ça rime et il rime beau , l'assureur bi, tombé amoureux de la beauté juvénile de l'homme aux semelles de vent, prêchant plus tard dans le désert