Friday, August 04, 2017




Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.

D'un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.


-------------


Severe the battle's shock. Centurions
And tribunes, rallying their men, drink in
Once more from air that vibrates with their din
The scents and ardors of red slaughter's sons.

With gloomy eyes, computing their lost ones,
The soldiers see, like leaves of autumn's kin,
Afar, Phraortes' archers whirl and spin;
And sweat adorn their tawny faces runs.

And then appeared, with arrows bristling round,
Red from the vermeil stream of many a wound,
'Neath floating purple and the brass's glare,

To sound of trumpets' flourish, grand of mien,
Quelling his plunging horse, and bathed in sheen
Of fiery sky, the Imperator there.

- José-Maria de Heredia (1842-1905), Soir de bataille, (Evening of Battle, translated from the French by Edward Robeson Taylor)



1 comment:

Esta Noche said...

Je craque...
Le même pour Noël, avec son arc bandé. (Mais bon, j'ai déjà tout ce qu'il me faut.)